Comédie musicale

MAURICE YVAIN
ALBERT WILLEMETZ
VLADISLAV GALARD
BODGAN HATISI

Palazetto Bru Zane / Cie Les Brigands
Dates
  • 25 mars 2021 - 20:00
  • 26 mars 2021 - 20:00
  • 27 mars 2021 - 19:00
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Présentation

Alors que la défaite de 1870 a détourné l’opérette française de son style parodique, la victoire de 1918 lui redonne soudain son esprit déluré. Paris se tourne vers l’ouest et cultive une affinité avec les rythmes américains. Maurice Yvain donne à ce genre nouveau toute sa substance musicale. Il porte au sommet l’art parisien de la comédie musicale.

C’est par la chanson et le cabaret que Maurice Yvain se fait connaître, avec ses compositions pour Mistinguett, Maurice Chevalier, Arletty ou Marie Dubas. Au passage, il se lie d’amitié avec un américain souvent à Paris… un certain George Gershwin avec lequel il aime improviser à quatre mains.

Yes ! est écrit et composé en 1928, un an avant le krach de 1929, prélude à la Grande Dépression. Prémonition? Yes ! est produit avec peu de moyen au petit Théâtre des Capucines repéré pour ses créations audacieuses… Faute de place pour l’orchestre, Yvain conçoit cette œuvre pour deux pianos. Dès le mois suivant, le spectacle s’installe aux Variétés, l’ancien théâtre d’Offenbach, qui rompait alors avec la tradition pour enfin consentir au jazz une place dans la fosse d’orchestre.

Autre présage, on trouve dans le livret de cette cavalcade d’aventures, un florilège de figures emblématiques de l’Entre-deux-guerres. Un domestique de music-hall, un majordome communiste converti aux idéologies qui allaient faire date dans la Grande Histoire, une sauvage femme fatale, un magnat et une cocotte aristocratique tous complètements déconnectés d’une époque en pleine mutation. Entre Londres, Le Touquet et Paris, à une trame matrimoniale, se mêleront les délires et impostures de l’époque, et surtout la lutte des classes qui décidément n’arrive toujours pas à trouver son terme…

Roger, son coiffeur et Totte, sa manucure attendent le lever de Maxime, un Candide des années 30 qui regarde défiler le monde et sa propre vie au rythme du jazz, des télégrammes, des voitures de sport et des mouvements prolétaires. Ce fils de l’industriel Gavard, le roi du Vermicelle, a un valet de chambre, César, qui expose à qui veut l’entendre les théories extrémistes sur lesquelles il compte se faire élire député communiste du 16earrondissement de Paris. Mais Gavard, le père, donne l’ordre à son fils de partir pour le Chili épouser une riche héritière, Marquita Negri. Or, Maxime a une maîtresse, Lucette de Saint-Aiglefin, qu’il ne souhaite pas quitter…etc, etc, etc…

Ici on chante les voyages et on ignore les pays lointains, ceux du cinéma naissant, on est très riche ou très pauvre, et on est prêt à tout, à tout moment. Aucun trajet n’a de destinée, de point final, de but absolu. Voici le monde de Yes ! La comédie bourgeoise traditionnelle est emportée par un tourbillon surréaliste. L’opérette fait des bonds vers l’absurde.

Les deux metteurs en scène bannissent le second, le troisième et tous les énièmes degrés pour nous concentrer sur le premier, le seul degré qui vaille, et en plus, « c’est l’ plus drôle… yes ! ». Dans une fausse frivolité et une réelle férocité, ils nous offrent le plaisir de pleurer et de rire. En chantant ! « Yes ! »

 

Grande Salle
Durée : 2h sans entracte | Pour tous

Distribution

Musique Maurice Yvain
Lyrics Albert Willemetz
Livret Pierre Soulaine, René Pujol
Direction musicale Paul-Marie Barbier
Mise en scène Vladislav Galard, Bogdan Hatisi
Scénographie François Gauthier-Lafaye
Costumes Benjamin Moreau
Lumières Yvon Julou
Régie plateau et générale Julie Leprou

 

Avec Clarisse Dalles, Caroline Binder, Emmanuelle Goizé, Anne-Emmanuelle Davy, Gilles Bugeaud, Éric Boucher, Célian d’Auvigny, Mathieu Dubroca, Flannan Obé jeu et chant, Paul-Marie Barbier piano et vibraphone, Matthieu Bloch contrebasse, Thibault Perriard percussions et piano

 

Créé au Théâtre des Capucines, à Paris, le 26 janvier 1928

 

Production déléguée Bru Zane France.
Production exécutive Compagnie Les Brigands.
Coproduction Théâtre Montansier – Versailles / Opéra de Reims

Décors réalisés par les ateliers de l’Opéra de Reims. Avec l’aimable autorisation des Éditions Salabert

En images

Presse

« Pour rendre hommage à l’influence jazzy de la partition, Paul Marie Barbier n’a pas hésité à s’entourer d’un contrebassiste et de Thibault Perriard, percussionniste. Dans une inventivité permanente et un geste virtuose, ce dernier se joue de chaque élément de décor, chaque accessoire, comme s’il s’agissait d’un nouvel instrument…. Ajoutant encore à la fantaisie d’un ouvrage qui n’a rien perdu de sa férocité et de sa légèreté. Et qui trouve ici une distribution à la hauteur de ses numéros délirants, dignes du music-hall » – Le Figaroscope

« A mi-chemin entre l’opérette et la comédie musicale, on y chante, on y danse, on y swingue, on se déguise, on se surprend, on s’aime, on lutte…. Yes !, c’est la promesse d’une soirée légère, rythmée, à partager sans modération avec famille et amis. » – Télérama

« Mais la force du spectacle réside dans la façon dont est traitée la musique. Organisée autour d’une formule trio jazz (Paul-Marie Barbier au piano, Matthieu Bloch à la contrebasse, Thibault Perriard à la batterie – lire ci-contre), elle se double de guitares, flûte et marimba. Partie intégrante du dispositif scénique, les musiciens se déplacent d’un instrument à l’autre, les deux pianos servant d’ailleurs de scénographie au spectacle. Ils s’intègrent aussi à la mise en scène, par le biais d’un service à thé sur lequel on bat avec des baguettes de mikado ou d’une longue table apportée depuis la coulisse qui se trouve être un marimba. La musique est visuellement omniprésente sans qu’on sache jamais à l’avance quelle sera sa couleur ou sa provenance. Elle débarque par cour ou jardin, dans des configurations multiples et devient le personnage principal de cette opérette du passé.» – Libération

« Alors direz qu’aller dans un théâtre public pour entendre des opérettes c’est déjà du brigandage… Guillaume Tion vous répondra : pas du tout, que nenni, vous n’y êtes pas. L’intérêt de la démarche des Brigands, compagnie au seuil de sa vingtième année, réside dans le dynamitage de ces œuvres compassées d’un passé à ce point dépassé…Rien que pour ça, on y va ! » – France Musique

« Coup de fouet ! La compagnie de théâtre lyrique Les Brigands et leurs complices du Palazzetto Bru Zane, reviennent avec Yes, c’est inouï !, une comédie enjouée où des personnages hauts en couleur se coursent et s’amourachent les uns des autres… Ce n’est pas un hasard si la mise en scène est inspirée des toiles d’Otto Dix, partagées entre horreur et humour. Ou si Joséphine Baker et la Revue Nègre, Orson Wells et Citizen Kane, ou encore Staline et Al Capone, pointent le bout de leur nez au détour d’une phrase, d’un gag ou d’une entrée en scène. Tout ici est prétexte à basculer dans l’absurde, à rire et délirer. Des personnages fantasques aux scènes cocasses, Yes, c’est inouï ! est un tourbillon d’aventures. Surréaliste à souhait. » – L’officiel des spectacles