Sur les cendres en avant

Pierre Notte
Cie Les gens qui tombent

Comédie musicale
25 au 27 janvier
Dates
  • 25 janvier 2018 - 20:00
  • 26 janvier 2018 - 20:00
  • 27 janvier 2018 - 20:00
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Présentation

Chantée et portée par quatre comédiennes, une pièce qui a quelque chose d’un théâtre du quotidien comme dans les films de Jacques Demy et Michel Legrand.

Tout est chanté. Tout est intégralement chanté dans ce délicieux spectacle qui tient tout ensemble du cinéma et du théâtre, de la comédie musicale façon Jacques Demy et du cabaret brechtien. Accompagnées au piano, quatre comédiennes chanteuses jouent et dansent sur scène. Dans un savoureux mélange des styles et de genres, avec des dialogues écrits dans une langue quotidienne, Pierre Notte rend grâce à la musique de Michel Legrand. Situation financière calamiteuse oblige, Macha se prostitue pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa sœur Nina, adolescente. Mais l’effondrement de la cloison et la promiscuité avec sa voisine immédiate, Mademoiselle Rose, compromet ce matin son quotidien professionnel. Une quatrième femme, La dame armée, défonce bientôt la porte d’entrée, décidée à abattre la prostituée que son mari de forain a fréquentée. Mais elle vise mal et elle est mise hors d’état de nuire. Les quatre femmes sortiront ensemble de leurs ruines pour choisir de vivre libres et de s’accomplir sans plus attendre ni regretter un homme providentiel, tandis que la seule voix qui ponctue l’action en off est celle de la chanteuse Nicole Croisille… Pierre Notte, patron de la compagnie au titre si beckettien, est auteur, compositeur, journaliste et metteur en scène. Secrétaire général de la Comédie Française, puis auteur associé au théâtre du Rond- Point, il est l’auteur de romans, de pièces radiophoniques et d‘une vingtaine d’œuvres dramatiques.

Grande Salle
Durée : 1 h 30
Conseillé à partir de 13 ans

Générique

Texte, musique, mise en scène Pierre Notte
Transcription, arrangements Paul-Marie Barbier
Scénographie, costumes Sarah Dupont
Lumières Antonio di Carvalho
Son Olivier Bergeret

Avec Juliette Coulon, Blanche Leleu, Charlotte Marquardt, Elsa Rozenknop jeu, chant, Donia Berriri piano et la voix de Nicole Croisille

 

Production Compagnie Les gens qui tombent
Coproductions : Théâtre du Rond-Point, DSN Dieppe – Scène nationale, Le Prisme – Centre de développement artistique / Saint-Quentin-en-Yvelines. Avec le soutien de la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin en Yvelines, de l’ADAMI et de la Spedidam.

En images

Autour du spectacle

  • Avant-propos : « Ne me libère pas, je m’en charge – Précarité, discrimination, émancipation »  jeudi 25 janvier animé par Christophe Ramain (journaliste à l’Incontournable Magazine et écrivain) et Claudi Bortolino (rédactrice en Chef – Cacti Magazine) en Petite Salle à 19h
  • Lever de rideau vendredi 26 janvier par les élèves chanteurs de l’ENM de Villeurbanne (département chanson) dans la Petite Salle à 19h

Presse


Tout est chanté. Tout est intégralement chanté dans cet allègre et bou­leversant spectacle délicieusement ­féministe, qui tient tout ensemble du cinéma et du théâtre, de la comédie musicale façon Jacques Demy — des Parapluies de Cherbourg aux Demoiselles de Rochefort — et du cabaret brechtien manière Opéra de quat’ sous… Et vivement accompagnées au piano par Donia Berriri, de dos, les quatre tragédiennes-divas nommées la Femme assise, la Femme armée, Macha et Nina (toute ressemblance avec Copi et Tchekhov n’est pas fortuite) rêvent encore de jouer et danser sur scène Chantons sous la pluie, de Stanley Donen ! Savoureux méli-mélo de références, de styles et de genres, où les influences avouées du créateur Pierre Notte sont Jean-Sébastien Bach, Astor Piazzolla et Michel Legrand, évidemment. Tandis que la seule voix qui ponctue l’action en off est celle de la chanteuse Nicole Croisille… […] Dix ans […] qu’on apprécie l’univers sophistiqué et fantaisiste, truffé d’absurde, de fantastique, de psychanalyse et d’humour résolument gay, de ce compositeur dramaturge très inspiré par les relations familiales sulfureuses. Son dernier opus est le plus abouti. On y retrouve ses galeries de femmes hautes en couleur et douleur, sublimées avec tendresse, telle cette adolescente, ­Nina, qui mutile sans fin ses mollets (couverts de bandages) à l’épluche-­légumes pour les rendre plus fins et devenir une « Mère Teresa des claquettes ». De situations rocambolesques, au bord de la ­folie, le déjà copieux théâtre (une vingtaine de pièces) de Pierre Notte en regorge. […] Et l’improbable, imprévisible quatuor vocal devient peu à peu boule­versant chœur de femmes en quête de reconstruction. Et nous non plus n’allons plus nous laisser abattre. Le chant de théâ­tre est devenu chant de résilience.
Fabienne Pascaud – Télérama


Au début, on est autant dérouté qu’amusé par ce nouvel ovni issu de la galaxie Notte. Mais plus le spectacle avance, plus on est admiratif et emballé. Car on assiste à un vrai « musical » frenchy, dans un décor à moitié déglingué- carbonisé. Le glamour tutoie Tarte povera, jusqu’à cette esquisse touchante de numéro de claquettes à la fin du spectacle… La musique, signée également de l’auteur, est bonne, avec ses leitmotivs à la Michel Legrand, mâtinés de Kurt Weill et d’Astor Piazzolla. Le chant s’avère juste et vibrant, la mise en scène, astucieuse. Rendons hommage à ces actrices-amazones, qui transforment les cendres en braises : elles portent haut le drapeau féministe, anti-paternaliste et humaniste de cet opus dingo. Juliette Coulon (la femme armée), Blanche Leleu (Mâcha, la putain), Elsa Rozenknop (Nina, la petite sœur) et Chloé Olivères (irrésistible Mademoiselle Rose) occupent avec grâce et culot la scène, chantant à plusieurs voix ou en solo, bougeant, dansant sur les glissandos de Donia Berriri. Elles font de ce spectacle drôle et poétique une fête. Laissons-leur le dernier mot, la dernière « no(t)te » : « Et sur les cendres en avant, nous marcherons la tête droite. » rn
Philippe Chevilley – Les Échos


En sortant du théâtre, continue de vous trottiner en tête l’entêtante et joyeuse mélodie finale. On se sent curieusement léger, rien de plus contagieux que la légèreté, rien de plus rare sur les planches. On se dit qu’en France les metteurs en scène que le monde enchante de Jacques Demy fascine et qui, à leur manière, tentent de prolonger cet enchantement ne sont qu’une poignée. Pierre Notte est désormais l’un d’eux. Cette pièce de théâtre chantée de bout en bout, dont il a écrit les paroles et la musique, et qu’il a mise en scène, est un petit miracle de grâce : les parapluies de Cherbourg ne sont pas loin, ils applaudissent des deux mains. […] Dans l’humour de Notte, il y a de la noirceur. Dans cette noirceur, il y a une formidable envie de vivre et de renverser les murs – ça tombe bien, ils sont en ruine. C’est un spectacle empli de bienveillance et fait pour réjouir. II y a même un numéro de claquettes !
Jean-Luc Porquet – Canard Enchainé


Difficile d’identifier ce spectacle. Comédie musicale ? Plutôt théâtre chanté. Chanté en totalité. Même quand  les personnages n’échangent que des banalités. […] Chloé Olivères, Blanche Leleu, Elsa Rozenknop et Juliette Coulon n’étant pas des chanteuses mais des actrices qui chantent (ce n’est pas pareil, même si elles s’en sortent bien), Notte recourt à la technique du Sprechgesang, le chant parlé familier à Bertolt Brecht. Et c’est très réussi. Tout est réussi, d’ailleurs, dans ce spectacle. La trame ? […] L’histoire se prolonge dans l’esprit foldingue, drôlichon et délicieusement pervers qu’on connaît à Pierre Notte. Avec des héroïnes bien plus provocantes et provocatrices que ne l’était la vendeuse de pébrocs chez Demy.
Jacques Nerson – L’OBS


[…] Tout l’univers de Pierre Notte est ici : la misère de la solitude et celle de la promiscuité, l’absence du père, la servitude de la femme et sa « souffrance meurtrière », le mal à vivre. Mais ce chagrin qui le taraude, on le sent chez Pierre Notte à la mesure d’une immense attente, d’un besoin d’amour et de bonheur. Une innocence presque enfantine qu’il masque par pudeur sous la provocation et la dérision. Non pas le désespoir mais un désenchantement, une désillusion. Le rêve reste intact chez lui. La noirceur acide de son théâtre n’est qu’un leurre : c’est cela qui fait sa qualité singulière, outre son humour et son écriture dont la saveur baroque nous a toujours réjouis. Toutes ces marques, on les retrouve dans Sur tes cendres en avant. […] Car ce spectacle a ceci d’original qu’il est entièrement musical. Ce n’est pas la première fois que Notte utilise la musique dans ses œuvres. Il la compose lui-même avec un charmant savoir-faire. Elle est facile, légère et piquante, interprétée ici au piano par Donia Berriri. Les très sympathiques actrices, Juliette Coulon, Blanche Leleu, Chloé Olivères et Elsa Rozenknop, chantent leur texte avec beaucoup de gentillesse. C’est très cocasse, plein de gaieté, de fraîcheur et d’humour intelligent. Il y a beaucoup de tendresse et de poésie chez Pierre Notte. Beaucoup d’empathie dans ce spectacle.
Philippe Tesson – Le Figaro