Dom Juan

Molière / Anne Coutureau
Cie Théâtre Vivant

Théâtre
1er au 3 février
Dates
  • 01 février 2018 - 20:00
  • 02 février 2018 - 20:00
  • 03 février 2018 - 20:00
Réserver Tarifs

Présentation

Dom Juan, le désir et le Ciel. N’ayant peur de rien et ne reconnaissant « ni Dieu ni maître » autre que son propre désir, Dom Juan menace l’ordre du monde, et le monde se charge de le lui rappeler.

Dom Juan ou le Festin de pierre, comédie en cinq actes et en prose, est créé en février 1665 au Théâtre du Palais-Royal à Paris : un triomphe ! Pourtant, la pièce ne sera jamais reprise ni imprimée du vivant de son auteur. Délaissée jusqu’en 1947, Louis Jouvet et Jean Vilar nous la font redécouvrir. Dom Juan est révélateur de la comédie sociale et de l’ambiguïté de la vertu. Tous les personnages semblent prisonniers d’une morale figée ou d’un intérêt personnel déguisé. Face à eux, Dom Juan manifeste une extraordinaire puissance de vie et fait preuve d’un courage et d’une exigence hors du commun. Qui l’arrêtera alors ? Il aimerait trouver sur son chemin une force qui le dépasse et cette quête l’entraîne au-delà de la morale des hommes, vers un dialogue permanent avec le Ciel. Jusqu’à l’obsession. Jusqu’à la damnation. Anne Coutureau inscrit la pièce dans notre époque et reconsidère chaque personnage, chaque relation. Elle interroge le métissage culturel et les rapports de classes, les relations entre hommes et femmes, les questions de la religion et de la foi, de la famille, du mariage et de l’éducation. Trois siècles après sa création, que reste-t-il des fautes de Dom Juan ?

Grande Salle
Durée : 2 h 10
Conseillé à partir de 13 ans

Générique

Mise en scène Anne Coutureau
Assistante mise en scène Élise Noiraud
Décor James Brandily
Lumières Dominique Fortin
Son Jean-Noël Yven
Costumes Julia Allègre

Avec Birane Ba, Dominique Boissel, Johann Dionnet, Pascal Guignard-Cordelier, Florent Guyot, Tigran Mekhitarian, Aurélia Poirier, Kevin Rouxel, Alison Valence

Site internet de la compagnie Théâtre Vivant

Production Théâtre Vivant
En co-réalisation avec le Théâtre de la Tempête. Avec le soutien de la Direction des Affaires Culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication et le soutien de la Fondation NAH, de l’Adami et de la Spedidam.

En images

Presse


Un Dom Juan qui se conjugue au présent

Anne Coutureau adapte sur le vaste plateau du théâtre de la Tempête un Molière qui fréquenterait les banlieues du XXIe siècle tout en pratiquant, à quelques écarts près, la langue du XVIIe. Quand elle déclare avoir « choisi d’inscrire la pièce à l’époque actuelle et, à ce titre, de reconsidérer chaque personnage et chaque relation » Anne Coutureau, qui met en scène à la Tempête ce Dom Juan, ne cache pas son ambition. Et dès la première réplique, quand Sganarelle comme adossé à un HLM incertain affirme « il n’est rien d’égal au tabac: c’est la passion des honnêtes gens » on ressent, au-delà des volutes d’hypocrisie qui aujourd’hui entourent ce poisson cancérigène en vente libre, le choc de deux époques. Le mérite en revient certes à l’ambiance obscure, mais aussi à l’interprétation de Tigran Mekhitarian qui incarne avec une belle agilité animale ce valet autant roublard que parfois ambigu. Une ambiguïté que l’on retrouve d’ailleurs chez Dom Juan (Florent Guyot) qui en jean et blouson de cuir semble s’égarer sur les chemins de ses conquêtes et de la noirceur de ses desseins. Quelle est pour lui l’échelle des valeurs entre la richesse, l’amour, la peur, l’angoisse de la mort et de l’au-delà ? Les dernières scènes avec chapelle, crucifié, cercueil et lumière d’outre-tombe, c’est le cas de le dire, nous donnent au moins une indication. Mais pas forcément une réponse. Des moments d’une drôlerie brillante Louis Jouvet, qui  oyait là « une comédie religieuse » et en même temps « un miracle du moyen âge » ajoutait « qu’il ne faut pas aller à Dom Juan comme à un rendez-vous habituel ». En cela, l’approche d’Anne Coutureau tient la route. Et le respecté du texte, avec ça et là quelques incursions verbales piochées dans la cour des cités renforce le projet. L’interprétation est à la mesure. La fraicheur de jeu de Birane Ba (Pierrot) et d’Alison Valence (Charlotte) s’adapte par exemple très bien à ces incartades, casque sur les oreilles… et découvrant le monde au risque de se faire berner par qui l’on sait. On s’en voudrait enfin de ne pas saluer d’autres moments tout aussi réjouissants et d’une drôlerie brillante comme les échanges entre Dom Juan et Monsieur Dimanche (Johann Dionnet) un créancier éconduit de la plus belle des manières. Comme un retour à un Molière plus léger qui resurgirait. Savant dosage.
Gérald Rossi – Humanité.fr (01/04/2016)


Consultez d’autres articles