Combat de nègre et de chiens

Bernard-Marie Koltès / Laurent Vacher
Cie du Bredin

Théâtre
29 novembre au 1er décembre
Dates
  • 29 novembre 2017 - 20:00
  • 30 novembre 2017 - 20:00
  • 01 décembre 2017 - 20:00
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Présentation

Bernard-Marie Koltès parle des gens, de la complexité du monde, des êtres humains qui se débattent et survivent. Dans cette quête insatiable d’une nouvelle humanité, il nous redonne espoir.

Quelque part en Afrique. L’arrêt d’un chantier. Un pont « inachevable ». Des gardiens sur des miradors, une porte qui claque, un coup de feu, un chien qui aboie, un camion qui roule trop vite, un geste maladroit, une parole qui blesse, un ouvrier mort. Horn, soixante ans, chef de chantier, patron ou du moins faisant office de, fait venir une femme de France : Léone. Il lui a promis le mariage, bien qu’il soit impuissant. Léone a suivi Horn voyant là l’occasion de changer de vie. Malgré qu’elle n’attende plus rien des choses de l’amour, elle se surprend à avoir du désir pour Alboury. Alboury, lui, ne fait pas confiance aux Blancs. Il n’a qu’un but : chercher le corps de son frère mort, ouvrier, assassiné par Cal. Cal, la quarantaine, alcoolique naufragé, se regarde s’enfoncer, les pieds dans la boue. Horn sait que Cal a tué le frère d’Alboury. Il doit gagner du temps, et corrompre Alboury… Quatre personnages, piégés dans cet enclos, épiés par des gardiens invisibles et menaçants. L’histoire dure une nuit, juste une nuit où chacun affûte ses arguments, affine ses coups et charge ses armes. Créé en 1983 par Patrice Chéreau et gravé dans les mémoires, Combat de nègre et de chiens est un drame oral, délocalisé en un lieu où la notion de bourgeoisie n’a pas court. L’être blanc, le « toubab » remplace le bourgeois. Ça n’est en aucun cas un drame post-colonial, juste un drame humain traitant des différentes façons d’être étranger à l’autre. Le racisme ne vient qu’en contrepoint de la haine de soi et devient la haine des autres en effet miroir.

Grande Salle
Durée : 2 h 40
Conseillé à partir de 14 ans

Générique

Mise en scène Laurent Vacher
Collaboratrice à la mise en scène Adèle Chaniolleau
Scénographie Jean Baptiste Bellon
Son Michael Schaller
Lumières Victor Egea
Costumes Marie Odin

Avec Quentin Baillot, Stéphanie Schwartzbrod, Dorcy Rugamba, Daniel Delabesse

Site internet de la Cie du Bredin

Production Compagnie du Bredin
Coproductions : Théâtre Ici&là – Mancieulles et Château Rouge – Annemasse
Avec le soutien de l’ADAMI
La compagnie est subventionnée par la DRAC Lorraine – Ministère de la Culture et par la Région Lorraine

 

En images

Autour du spectacle

Avant-propos Mercredi 29 novembre par Jérémie Majorel, maître  de conférences à l’Université Lumière Lyon 2, à 19h en Petite Salle.

Lever de rideau Jeudi 30 novembre : restitution de l’atelier de théâtre de l’Université Jean Moulin Lyon 3 encadré par Corinne Ginisiti à 19h en Petite Salle : Programmation Lever de rideau Lyon 3

Bord de scène Jeudi 30 novembre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation.

Presse


Dans une scénographie soignée, Laurent Vacher met en scène le tumulte des relations dans toute leur complexité et leur fragile humanité. La pièce en devient profondément touchante. Une réussite ! […] Entre éléments concrets et forme abstraite, entre chantier africain d’une entreprise française et espace totalement décontextualisé, la scénographie (avec un clin d’oeil à l’univers cinématographique des westerns de Sergio Leone), les lumières et la création sonore participent pleinement à la réussite du spectacle. Nourri par sa fascination pour Koltès et ses voyages sur le continent africain, Laurent Vacher a su concentrer et ciseler le drame, sans hystérie, sans surplomb, mais au coeur des rapports humains lestés d’obsessions et de désillusions. Car ce n’est pas l’Afrique qui est en jeu, c’est le rapport des Occidentaux à l’Afrique, et au-delà, le rapport et l’abîme qui se creuse entre réel et fantasme du réel, qui sont ici remarquablement disséqués, et aboutissent au désordre, et au néant, car, très vite, les moments de compréhension et de proximité s’effacent pour leurs contraires. Agnès Santi – La Terrasse


Avec leur Combat de nègre et de chiens, Laurent Vacher et ses quatre comédiens portent avec brio le tragique de Koltès. Sa subtilité dans le traitement de la différence. Familier de l’écriture à la fois moderne et empreinte d’oralité africaine – cela, l’auteur le reconnaît volontiers – de Koltès, le metteur en scène a opté pour une scénographie dépouillée. Sur un plateau vide, délimité par une façade transformable en tôle et une paroi semi-transparente, les longs monologues koltésiens se déroulent sans que rien ne vienne les perturber. Grâce à la précision et à la complexité du jeu, le racisme de ce Combat apparaît alors comme un mal parmi tant d’autres. Et, chose plus difficile, comme un mal parmi des lueurs d’amour. Anaïs Heluin – Politis


Bernard-Marie Koltès fut le premier dramaturge français à écrire des rôles pour des Noirs et des Arabes. Cette saison, son théâtre revient en force sur les scènes nationales française. Anaïs Heluin – Le Point Afrique