Ciel ! Mon placard…

Nicole Genovese / Claude Vanessa

Théâtre
7 au 9 février
Dates
  • 07 février 2018 - 20:00
  • 08 février 2018 - 20:00
  • 09 février 2018 - 20:00
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Présentation

Tout le charme et l’insolence du théâtre de boulevard… du boulevard et du crime ! Un vaudeville sous acide : attention, diablesse, une bombe théâtrale va exploser !

Pendant que la patrie en colère déplore une radioactivité pubère et un réchauffement climatique hostile, la grande et belle Dada se réjouit d’assister à l’inauguration des Nouvelles Galeries en compagnie de son mari. Seulement, un maudit télégramme bouleverse ses plans et la sépare de son époux. Habillée de cette solitude effroyable, Dada court les placards à la recherche d’un compagnon pour éponger sa soif tyrannique de mondanités. Alerte jusqu’au foutraque, le propos croise une demi-mondaine homicide, une cantatrice finlandaise, un capitaine de police peu perspicace dans une série de chassés croisés sentimentalo-criminels, savoureusement agencés. Ciel ! Mon placard… fait ouvertement référence au gag le plus éculé mais aussi le plus increvable du théâtre de boulevard : la femme (une bourgeoise, forcément), mettant son amant dans le placard en entendant la bonne (forcément) ouvrir la porte, et de s’écrier « Ciel ! Mon mari… », avant de jurer une fidélité éternelle au mari cocu, qui l’ignore, en le vouvoyant (forcément). Écriture et mise en scène dynamitent les codes du vaudeville en chatouillant les pieds d’un genre éculé. Voilà une parodie explosive pour une pièce drôlissime, menée tambour battant, sans chichis et qui visite tous les poncifs du théâtre de grand-papa pour les tourner en dérision, sans mépris ni condescendance. Oxygénant !

Grande Salle
Durée : 1 h 30
Conseillé à partir de 13 ans

Générique

De Nicole Genovese
Mise en scène Claude Vanessa
Composition musicale Matthieu Benigno
Lumières Ludovic Heime
Scénographie et costumes Famille Genovese

Avec Matthieu Benigno, Paul Bouffartigue, Renaud Boutin, Sébastien Chassagne, Nelson Ghrénassia, Nicole Genovese, Marion Gomar, Adrienne Winling, Angélique Zaini

 

Production Claude Vanessa
Avec le soutien de avec le soutien de la Mairie de Paris, Nanterre-Amandiers – Centre dramatique national, La Loge, la Maison des Métallos, de la Fabrique Éphéméride / Val-de-Reuil et de l’ADAMI
Le spectacle bénéficie d’un soutien dans le cadre du parcours d’accompagnement d’Arcadi

Diffusion et communication Maison Jaune

En images

Autour du spectacle

Repas d’après-spectacle le jeudi 8 février : nous vous proposons un prolongement gourmand de la soirée avec un repas partagé avec les artistes et l’équipe du théâtre, à l’issue du spectacle, dans le hall du théâtre.
Tarif unique : 13€

Plus d’informations et reservation en écrivant à public@theatrelarenaissance.com

Presse


Ciel ! Mon placard, un vaudeville sous acide

Au Théâtre de la Loge, Nicole Genovese, avec une bande d’acteurs incontrôlables, explose les codes du théâtre de boulevard. C’est drôle, inventif, gonflé, totalement absurde, carrément subversif.
Les aléas du calendrier théâtral vous réservent parfois quelques surprises. Ainsi, la semaine dernière, vacances scolaires obligent, s’annonçait-elle plutôt tranquille. Relâche à tous les étages. Enfin presque. Au Théâtre de la Loge, on annonçait la 2500ème de Ciel ! Mon placard, vaudeville en trois actes de Nicole Genovese. Ça sentait le canular à plein nez, la pièce de potaches en goguette à la capitale… C’était sans compter sur l’impertinence survoltée de Nicole Genovese, petite-fille cachée de Jacqueline Maillan et de Micheline Dax qui a biberonné au théâtre de boulevard, époque Au théâtre ce soir, dont les décors de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell ont marqué les années 1970. Théâtre consensuel dont les histoires tournaient invariablement autour du placard d’où sortaient alternativement le mari, la femme et l’amant. Théâtre joué par des acteurs formidables, des bêtes de scène, capables de transcender toutes les répliques, même les plus insipides. Darry Cowl, Jean-Pierre Darras, Maria Pacôme, Jean Desailly, Georges Descrières, Michel Duchaussoy, Claude Gensac, Robert Lamoureux, Jacques Fabbri, Michel Serrault, Rosy Varte, Suzy Delair, André Pousse… Tous sont passés par cette école, un théâtre à contretemps de la révolution initiée par le TNP. Dans la France de l’après-Mai 68, le giscardisme avait trouvé sa vitesse de croisière, Valéry jouait de l’accordéon et s’invitait à la table des Français. Du côté du Café de la gare, quelques zozos agités du bocal (Coluche, Dewaere, Miou-Miou, Romain Bouteille) inventaient un théâtre à sketchs avec pour slogan : « C’est moche, c’est sale, c’est dans le vent. » Le théâtre de boulevard dit commercial était ringardisé, moqué et sentait bon la naphtaline. Pourtant, il avait les faveurs du public.
Retrouver l’irrévérence des origines avec une audace folle
C’est peut-être ce paradoxe qui a intrigué, intéressé, amusé Nicole Genovese. Elle a sans aucun complexe, mais avec une audace folle, remis ce genre théâtral sur le métier. Peut-être aussi par lassitude de toutes les étiquettes, théâtre postdramatique, hybride, pluridisciplinaire, a-t-elle décidé de « réhabiliter », à sa manière, le boulevard. En le dynamitant, façon puzzle. En remontant aux sources de ce théâtre qui se jouait à la limite des faubourgs du Paris du XIXe et n’avait pas son pareil pour railler la bourgeoisie, l’hypocrisie, la morale et jouissait sans entrave d’une liberté sexuelle avant la lettre. Sans jouer une seule seconde la carte de la nostalgie mais en retrouvant l’irrévérence des origines, en écrivant des répliques taillées au cordeau, en recréant des décors de carton-pâte plus vrais que nature, en imaginant un vaudeville contemporain, avec les ingrédients de base totalement en phase avec notre monde d’aujourd’hui, Nicole Genovese emporte notre adhésion haut la main.
Il n’est pas question ici de bons mots et de gags
Ici, tout le monde trompe tout le monde ; tout le monde couche avec tout le monde ; les petites filles portent la marinière mais sont aussi délurées que des héroïnes de mangas ; le rapport maître/domestique est toujours en faveur des patrons ; la maréchaussée a des états d’âme ne sachant à quel assassin se vouer et si madame a des pulsions sexuelles incontrôlables, ces messieurs ne sont pas en reste. Mais il n’est pas ici question de bons mots et de gags. L’écriture de Ciel ! Mon placard réinvente l’univers du boulevard, joue sur les ressorts du comique de situation et pratique la farce et la satire sans fausse pudeur. Le rire redevient alors subversif, féroce. Ici, on ne ricane pas. On rit. Et c’est intelligent, acide, fortiche. L’écriture lorgne aussi du côté du théâtre de l’absurde avec des répliques étranges, surréalistes (« Si vous voyez ma femme, dites-lui que la vie n’est plus qu’un cheval sans sabots »). Quiproquos, coups de théâtre à gogo, situations d’une cocasserie sans fin s’enchaînent sans temps mort, Genovese a même glissé des interruptions chantées par une cantatrice finlandaise qui sort du placard tel un coucou suisse. Huit acteurs tous épatants entourent l’auteure (qui interprète elle-même madame Dada). Dans cette sarabande de tous les diables, le plaisir de jouer est contagieux. Un pastiche irrévérencieux, sans postiche ni fausses notes.
Marie-José Sirach – L’Humanité (11/2014)