Cannibale

Agnès D'halluin / Maud Lefebvre
Collectif X

Théâtre
Du 25 au 27 avril & du 2 au 4 mai
Dates
  • 25 avril 2018 - 20:00
  • 26 avril 2018 - 20:00
  • 27 avril 2018 - 20:00
  • 02 mai 2018 - 20:00
  • 03 mai 2018 - 20:00
  • 04 mai 2018 - 20:00
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Présentation

Au cœur de la forêt, deux hommes dans une maison isolée. L’un va mourir, l’autre va lui survivre. Ensemble, ils vont tenter de circonvenir la mort qui vient.

La pièce se déroule dans la demeure de deux hommes, deux amants. La chambre et la cuisine occupent l’espace. Au fond de la scène une porte donne sur une cave et une douche. Tout est très concret; les acteurs cuisinent, mangent, dorment et se lavent sur scène. Comme au cinéma, Maud Lefebvre dévoile une intimité corporelle des personnages que l’on partage rarement au théâtre. Peut-on aimer, peut-on désirer autrui jusqu’à le manger ? C‘est que ce rapport n’est pas seulement métaphorique. Il existe, dans le désir, ce souhait d‘aliéner l‘autre, de se l‘approprier. Ne dit-on pas s’aimer d’un amour dévorant ? Le tour de force de ce spectacle, c’est sa légèreté. Loin d’être morbide et sombre, il est un hymne joyeux à la vie. Artisans de cette beauté, Arthur Fourcade et Martin Seve apportent une incroyable énergie, une belle subtilité. Puissant, délicat et pudique.

Petite Salle
Durée : 1h30
Conseillé à partir de 16 ans

 

Générique

D’après une histoire originale de Maud Lefebvre

Texte Agnès D’halluin
Mise en scène Maud Lefebvre
Scénographie Maud Lefebvre, Charles Boinot
Lumières Valentin Paul
Vidéo Charles Boinot, Clément Fessy
Son Clément Fessy

Avec Arthur Fourcade et Martin Seve

Site internet du Collectif X

Production Collectif X
Coproduction Théâtre le Verso – Saint-Étienne
Le Collectif X bénéficie du soutien à l’émergence de la Ville de Saint-Étienne

En images

Autour du spectacle

Bords de scène jeudi 26 avril & jeudi 3 mai  avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation.

Presse


« Cannibale », d’Agnès d’Halluin, d’après une idée originale de Maud Lefebvre, l’Élysée à Lyon

Une jeune compagnie aux dents de loup !

C’est une toute jeune compagnie que ce Collectif X, né à l’école de la Comédie de Saint-Étienne et que l’Élysée est allé dénicher avec la clairvoyance qu’on lui connaît. Après le succès remporté l’an dernier, cette reprise bienvenue joue déjà à guichets fermés. C’est donc une demi-surprise et une pleine réussite. Elle voulait parler d’amour, fou de préférence, dévorateur comme la flamme ou comme le « Cannibale », et d’une tentative désespérée pour échapper à la mort venue s’inviter au banquet du désir. Sujet éminemment littéraire qui traverse les âges… La metteuse en scène Maud Lefebvre a passé commande d’écriture à Agnès d’Halluin, et ce qu’elle en dit est profondément actuel et original. La pièce se déroule dans le studio où habitent deux hommes, deux amants. À cour, le lit ; à jardin, la cuisine. Le lieu de l’amour, du sommeil et de la maladie d’un côté, de l’autre celui de la vie avec la nourriture, ses odeurs, ses plaisirs. En fond de scène, une porte donne sur une cave, espace sombre et dangereux, et la douche où se révéleront des corps nus. Entre les spectateurs et le plateau, un rideau transparent accueillera des projections vidéo devant lesquelles se jouera une autre partie de l’histoire, dans un autre temps et un autre lieu, la forêt où les deux hommes se rendent en voiture pour s’y cacher ou y retrouver la pulsion vitale de la nature. La pièce fonctionne à la manière d’un long flash-back. Dans la première scène, un homme est seul. Vraiment seul, comme s’il était réduit à la solitude, comme si plus rien n’existait. C’est Martin Sève, au corps fluet d’adolescent, qui l’incarne avec sensibilité. Puis, les souvenirs remontent : en une succession d’instantanés séparés par des noirs qui rythment le passage du temps, toute cette histoire d’amour prend littéralement vie sur le plateau. Des moments heureux et presque insouciants à l’avancée sournoise de la maladie jusqu’à ce qu’elle envahisse tout.
La vie comme elle (s’en) va
Que se passe-t-il quand l’un des deux va mourir, quand ce corps qu’on aime tant s’apprête à disparaître ? Comment continue-t-on à désirer un corps blessé, affaibli, abîmé ? Comment l’amour résiste-t-il ? Que deviendra-t-on après la mort de l’autre ? Ces questions sont posées par le texte d’Agnès d’Halluin et elles restent ouvertes. Nulle certitude, nulle pesanteur, mais une grande empathie pour ses personnages que Maud Lefebvre scrute dans les détails minuscules du quotidien. Ce qu’il en ressort, c’est un hymne à la vie et à l’amour. Car tant qu’on n’est pas mort, on est vivant. Or celui qui va mourir, c’est Arthur Fourcade qui lui donne sa densité, sa force, curieux et parlant paradoxe. Donc, ils s’enlacent, ces deux amants, ils cuisinent, ils mangent, ils jouent comme des enfants, ils se chamaillent, ils rient, ils dansent même (cette scène est éblouissante), bien que la peur rôde et parce qu’elle rôde : seules les manifestations de la vie peuvent la tenir un temps en respect. L’oublier permet de lui résister. De même que l’échappée dans un ailleurs étrange et merveilleux. L’un, incarné par Arthur Fourcade, raconte des histoires à l’autre et notamment celle de Tristan et Yseult, autres amants terribles, qu’il déploie longuement avec gourmandise. Le tour de force de ce texte et de la mise en scène réside dans la légèreté de ce spectacle. Loin d’être pesant, il est joyeux et très souvent drôle. Nous aussi, spectateurs, nous oublions la mort à l’œuvre, nous rions de bon cœur. Cannibale atteint également une sorte d’universalité, car, s’il s’agit bien d’une relation homosexuelle, c’est presque anecdotique. Jamais la question de l’homosexualité n’est soulevée, elle s’inscrit juste dans la contemporanéité. De même, le titre Cannibale pourrait faire imaginer une histoire un peu gore, mais il n’en est rien, c’est seulement un prétexte à filer la métaphore du corps – chair – viande et du désir affamé qui voudrait tant manger l’autre… Arthur Fourcade et Martin Sève, qui incarnent ces deux hommes si différents avec une incroyable énergie et une grande subtilité, pourraient être tous les amants du monde dès lors qu’ils s’aiment d’un amour dévorant. Ils sont les artisans essentiels de cette réussite.
Le résultat c’est un spectacle puissant, mais éminemment délicat et pudique, émouvant et juste, sobre et beau.

Trina Mounier – Les Trois Coups (29/09/2016)


Un texte qui tient en haleine autour d’une mort annoncée !
Patrick Penot – Sens Interdits


Cannibale est une pièce majeure dans ce que la jeune génération invente.
Magazine THÉÂTRE(S) HIVER 2016


Sans grand moyen mais avec une ambition artistique immense, Cannibale est la preuve que le théâtre est une arme d’émotion massive avec cette fable moderne sur l’amour et la douleur.
Nadja Pobel – Petit Bulletin