Biennale de la danse

GERMAINE ACOGNY
MIKAËL SERRE

JANT-BI (Sénégal)
Dates
  • 01 juin 2021 - 20:00
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Présentation

« Un arbre qui n’a pas de racines ne peut pas pousser » rappelle la mère de la danse contemporaine africaine dans ce solo autobiographique.

Germaine Acogny opère ici un retour à ses origines, à ses identités multiples, là où tout a commencé, auprès de ses ancêtres. Celle qui a dansé pour Maurice Béjart retrace son histoire personnelle à travers les mots de son père, fonctionnaire colonial, et les souvenirs de sa grand-mère, prêtresse vaudou du Dahomey.
Ce solo engagé où l’artiste se déploie toute entière, dessine aussi le portrait d’une femme née au Bénin et élevée au Sénégal où elle y créera plus tard l’École des Sables, lieu majeur de formation et de création en danses traditionnelles et contemporaines d’Afrique. La pièce s’attache à questionner par la danse, le récit et la projection de films, la place de la femme en Afrique, les frottements entre tradition et émancipation, et comment l’identité représente bien plus un chemin qu’une finalité.

 

Grande Salle
Durée : 1h05 | Conseillé dès 16 ans

 

Distribution

Conception, mise en scène Mikaël Serre
Chorégraphie Germaine Acogny
Musique Fabrice Bouillon « LaForest »
Vidéo Sébastien Dupouey
Scénographie Maciej Fiszer
Costumes Johanna Diakhate-Rittmeyer
Lumières Sébastien Michaud

Avec Germaine Acogny

 

Production : JANT-BI – Sénégal.
Coproductions : Les Théâtres de la Ville du Luxembourg, Théâtre de la Ville – Paris, Institut Français, Paris.
Résidences : La Ferme du Buisson, Le Centquatre.

En images

Presse

La danseuse et chorégraphe Germaine Acogny, 76 ans, aime se présenter comme « une femme noire, née au Bénin, ethnie yoruba, grandie au Sénégal, divorcée avec deux enfants, remariée à un Allemand ». […]

Assise à même le plateau, elle s’attaque à ses origines, ses conflits intimes. Les frottements contenus dans ses prénoms allument un brasier dans lequel Germain Acogny plonge pour en faire surgir une identité mosaïque complexe. […]

Quelle tornade que Germaine Acogny ! Elle peut ne faire que quelques gestes des bras, tourner le long d’un cercle marqué à la farine, trembler des épaules, elle saisit et emporte. Elle a 70 ans lorsqu’elle s’attaque à cette pièce, rituel proche d’un exorcisme, en complicité avec le metteur en scène Mikaël Serre. Impérieuse et virulente, calme et furieuse, elle règle ses comptes et n’y va pas avec le dos de la cuillère, sort les couteaux légués par sa grand-mère. Elle tranche les nœuds du patriarcat, de son rapport aux hommes – elle a 23 ans et deux enfants lorsqu’elle divorce de son premier mari, qui veut prendre une seconde épouse. Elle se risque sur tous les terrains : la religion, le colonialisme, la négritude… Elle revendique le catholicisme et l’animisme, plaide pour les identités multiples. Le Monde

Dans cette production – habilement dirigée par Mikaël Serre – […] Germaine Acogny […] reproche à son père de l’avoir séparée de son héritage culturel, l’amenant à s’interroger ainsi : « Qui suis-je ? ». […] Elle questionne également la condition des femmes au Sénégal : obligées d’obéir à un mari qu’elles ne peuvent quitter.
Quand son premier mari épousa une seconde femme, elle ne l’a pas toléré. « Je l’ai quitté et je suis devenue ce que je suis » dit-elle. La femme qu’elle est devenue est souvent appelée « La Mère de la dance contemporaine africaine », et l’écriture de la pièce À un endroit du début, qu’elle a chorégraphiée, a bien plus de pouvoir que sa simplicité ne le suggère. – New York Times

Dans À un endroit du début, Germaine Acogny salue la tragédie grecque par la danse et scelle le sort de Médée à celui de l’Afrique. Et c’est finalement son histoire personnelle qui se reflète dans son nouveau solo, création commune avec Mikaël Serre, homme de théâtre franco-allemand. Au Théâtre des Abbesses, la grande dame de la danse africaine rencontre un virtuose de la mise en scène. Quand Germaine Acogny annonce un solo, le plateau est plus agité que dans certaines pièces de groupe. Cette grande dame de la danse, incontestablement au même rang qu’une Pina Bausch ou une Carolyn Carlson, n’est revenue sur les planches que récemment. […]
À un endroit du début, c’est ici aussi les débuts du théâtre occidental, avec ce personnage de Médée, une immigrée rejetée, stigmatisée, trompée, calomniée. Ce sort peu enviable, Germaine Acogny le lie directement à la position de l’Afrique dans le monde actuel, avec un regard particulier sur les femmes. […]
La scénographie est aussi simple que spectaculaire, espace imaginaire traversant les époques et les univers grâce à une création vidéo foisonnante de Sébastien Dupouey. – Artistik Rezo 

Assise sur le sol, devant un livre ouvert et une bougie, Germaine Acogny ouvre son solo par des mots. À 70 ans, celle qui est considérée comme la fondatrice de la danse contemporaine en Afrique considère que le temps de la parole est venu. Sans pour autant renoncer à celui du corps. Aussi douce qu’imposante, la chorégraphe se présente en conteuse pour mieux faire advenir le geste. Son langage très personnel, forgé au fil de ses expériences entre le Sénégal et la France. […] Et ses gestes d’abord lents, comme englués dans un mauvais rêve, puis de plus en plus rapides, jusqu’à une forme de transe. Une catharsis des douleurs provoquées par la conversion de son père au catholicisme, et par le choix de son premier mari de prendre une seconde épouse.[…]
À un endroit du début porte les traces d’un tel échange. Les vidéos qui accompagnent la danse puissante de Germaine Acogny, par exemple, témoignent du partage entre la danseuse et le metteur en scène. Tournés au Sénégal, à l’occasion du voyage qu’y a fait Mikaël Serre avec Germaine, et en France pendant la résidence des deux artistes à la Ferme du Buisson, ces films rappellent l’esthétique documentaire de Songook Yaakaar mettent en parallèle, selon les termes de Mikaël Serre, « des traditions africaines en voie de folklorisation, ou menacées par ce phénomène, et la consommation de masse qui, selon Pasolini, a remplacé les mythes occidentaux ».
Les images d’un rituel sénégalais entre coépouses côtoient alors des scènes prises à Disneyland Paris. Des photos de familles françaises succèdent à celles des ancêtres de Germaines Acogny. Un relativisme par l’image que Mikaël Serre a mis en place afin de formaliser la question de sa légitimité à s’exprimer sur une réalité africaine qui lui était parfaitement inconnue avant À un endroit du début. – Le point Afrique

Une fable puissante, intime et universelle […]. La mise en scène, complexe et précise, brouille les époques, les lieux et le récit pour mieux délier le geste et le discours et révéler une problématique existentielle : celle de la transmission. Que garde-t-on de nos aïeuls et de l’histoire personnelle et universelle dont on hérite ? Que transmet-on à nos enfants et au monde ? Dire pour ne pas oublier. Transmettre. Car «on sait où on est né, on ne sait pas où l’on meurt», scande Germaine Acogny, reprenant à son compte, la morale
d’une des fables de sa grand-mère. – AFRICULTURES

À 71 ans, celle que Maurice Béjart appelait sa fille noire spirituelle, impose le respect. Cette grande femme charismatique au crâne rasé et à la démarche assurée, dégage une aura à la fois sage et maternelle. […] Le spectateur ne peut rester insensible face à cette avalanche d’images et de sons qui le happe. La joie, la colère, tout comme les souvenirs d’une vie et de traditions ne cessent de se croiser, de se répondre dans ce portrait bouleversant d’une femme et d’un continent. La danse a chez Germaine Acogny quelque chose d’inné qui relie les danses traditionnelles d’Afrique aux danses contemporaines occidentales. […] À un endroit du début est plus que de la danse, c’est un engagement. Par le biais de phrases telles que « De toute chose, il faut parler » ou encore « Il n’est pas question de supporter », la chorégraphe dénonce les violences et inégalités faites aux femmes. Elle n’hésite pas à souligner que l’identité n’est pas une finalité mais bien un chemin, comme en témoigne le livre écrit par son père à qui on a dès l’enfance proposé de renier son histoire pour se « civiliser » au contact du blanc. – LUXENBYRGERWORT (Luxembourg)