«C’est toujours la faute de celui qui meurt.
Enfin le bon de cette profession est qu’il
y a parmi les morts une honnêteté, une
discrétion la plus grande du monde ; et
jamais on n’en voit se plaindre du médecin
qui l’a tué» dit Sganarelle, «médecin
malgré lui». Des dégâts, le bûcheron
et docteur imaginaire, aurait pu lui aussi
en faire si, en guise de malade, on ne lui
avait présenté Lucinde, malade d’amour…
Carabin intermittent, il devient parfait
charlatan, langue bien pendue, théories
hilarantes et implacables. Sganarelle, intime
mélange de naïveté, de rouerie et de
comedia dell’arte, est un des personnages
de Molière les plus hauts en couleurs. C’est
à Bruno Putzulu que Jean-Claude Berutti,
metteur en scène, a confié saignées et
clystères. Au cinéma comme au théâtre,
ce comédien possède une rare puissance
de jeu et une belle délicatesse. Cette double
dimension est essentielle pour porter
sans caricature ce joli petit chef d’oeuvre
comique qui laisse place à toutes les obsessions
de Molière : son combat contre
l’hypocrisie, contre les faux savants, et sa
colère contre toutes les races de charlatans.
«Cette sainte colère» comme la nomme
le directeur du Centre Dramatique de
Saint-Étienne «Cette sainte colère qui ne
le lâchera jamais, et que nous entendons
au delà des siècles dans l’éclat de rire picaresque
de son personnage : le combat
pour la vérité.» |