Un soir d’automne 1929 à Berlin, Josef
von Sternberg va voir Es liegt in der Luft -
«C’est dans l’air» - de Marcellus Schiffer et
Mischa Spoliansky. Il y découvre Marlène
Dietrich qu’il fera tourner dans L’Ange bleu.
C’est cette revue que recrée aujourd’hui Olivier
Desbordes sous le nom de La Revue des
Grands Magasins. Une revue comme seul
ce Berlin des années 20 savait en faire :
moqueuse et légère, mais aussi critique sur
le monde dans lequel elle vivait.
En 24 tableaux et autant de chansons,
voici le portrait d’un grand magasin : 24
histoires, métaphores d’une société où tout
peut s’acheter ou s’échanger. L’histoire des
jumeaux Pierre et Persil oubliés par leurs
parents, celle des deux amies qui se rendent
compte qu’elles aiment le même homme,
celle d’un couple de petits truands…
Le parcours professionnel d’Olivier Desbordes
l’a tout naturellement mené vers la
recréation de cette revue. Débutant entre
Casino de Paris, Lido et Palace des années
avant-sida, il y apprend la fantaisie rigoureuse
et une certaine exubérance artistique.
C’est pourtant en mettant en scène
des oeuvres bien plus sérieuses, du répertoire
de l’avant-guerre allemande comme Le Lac d’argent ou Le Brave soldat Chveik qu’Olivier Desbordes a découvert ce petit
bijou amer et parodique sur la société de
consommation.
Ce qui m’intéresse dans ce projet c’est
son côté “cabaret satirique” et le contexte
d’une société qui s’écroule : 1929, la
montée des fascismes... Opposition de la
consommation à outrance... dans une ville,
qui va être rasée » écrit-il. Une revue témoin
de la fin d’un monde qui l’ignore,
follement gaie et étrangement vivante. |